ASSG vs ASJN (0-0) : L’art du score nul et vierge !

Dimanche 19 novembre 2017, l’AS Jugeals-Noailles se déplaçait sur la pelouse de Saint Sulpice le Guérétois pour la 6ème journée de R4.

Saint sulpice

Salut les gonz,

Pour tout vous dire je n’ai pas suivi mon équipe dans le pôle nord creusois ! J’étais occupé à regarder sur Arte Christoph Eschenbach interpréter la lettre à Tatiana de l’opéra de Tchaïkovski. Du coup (et je m’en excuse d’avance), j’ai préféré (j’ai été obligé) vous parler du résultat en lui-même plutôt que du contenu. Je vous entends déjà râler : Non, mais il va pas nous faire chier avec un exposé de 15 minutes sur un match nul et vierge ? Beh si, car le 0-0… souvent moqué, souvent synonyme d’ennui… est pourtant un art qui nécessite technique et tactique ! Voici mon histoire :

Chapitre I : Un résultat injustement dénigré
1/  Un fait : Le 0-0 a une image globalement négative

Notoriété spontanée élevée à la question ouverte « Qu’est-ce qu’un match ennuyeux ? »
Proportionnalité forte entre le taux de rejet d’une équipe et l’assimilation au 0-0
Ex : « Tu nous a pris pour l’OM ou quoi, qu’est-ce qu’on en a à faire d’un 0-0 ? » (un Parisien)
Ex : « Sans Neymar, 0-0 ce serait déjà miraculeux pour eux » (un Marseillais)
A la question fermée à choix multiples « A quoi est dû un 0-0 ? », les réponses « des attaquants maladroits » et  « une tactique frileuse » arrivent avant « deux fortes défenses »

2/ La réalité : Un résultat riche en VALEURS positives

Pourtant un zéro zéro dans un match de football est riche de vertus :
Le partage : un point chacun = solidarité, valeur refuge en temps de crise
La sobriété : progression inversement proportionnelle au reflux du bling-bling
La sécurité : solution à la notion de risque considérée comme un facteur anxiogène

3/ Données qualitatives : Une réputation plus positive qu’attendu

Un spectacle maîtrisé : 50% des 0-0 ont bénéficié de *** (3 étoiles) dans L’Equipe cette saison
Un jeu apprécié : «Un bloc nordiste pugnace» (Lille-Bordeaux) ; «Cohérence du plan de jeu rennais» (Rennes-Bordeaux) ; «Un visage de montpellier séduisant» (Lyon Montpellier)
L’estime de soi majorée : «Un match alerte, très agréable» (Toulouse-Metz, l’entraîneur Pascal Dupraz) ; «On a été solides. C’est un point de gagné à domicile» (Montpellier-Paris, le capitaine V.Hilton)

4/ Mise en perspective Un résultat inscrit dans une DYNAMIQUE

Le 0-0 est le signe d’une équipe en forme
La saison dernière, lors de la journée de L1 précédent un 0-0, les équipes concernées ont cumulé 9 victoires pour seulement 1 match nul et 4 défaites

Le 0-0 retarde les effets d’une crise éventuelle
La saison dernière, lors de la journée de L1 suivant un 0-0, les équipes concernées ont cumulé
10 défaites pour seulement 3 victoires et 3 matches nuls

Chapitre II : Application
1/  Stratégie : Utiliser la méthode adéquate

– Privilégier la défense en zone, qui limite l’effet de surprise pour ses propres joueurs
Déployer un double rideau défensif, avec au minimum trois milieux à vocation défensive
Pour les latéraux, interdiction de monter en situation offensive
Laisser le ballon à l’adversaire pour jouer en contre

Maximisation des chances de 0-0 : si les deux équipes appliquent la même stratégie !

2/  Optimisation : Mettre les chiffres de son côté

Opposer deux équipes qui marquent moins d’un but par match
Aller jouer à Saint Sulpice le Guérétois (l’équipe qui a concédé le plus de match nul cette saison)
Faire jouer Noailles à l’extérieur (l’ASJN est l’équipe de R4 à avoir fait plusieurs fois match nul en déplacement cette saison)

3/  Individualisation : Sélectionner les acteurs avec précision

Aligner Kaba Alpha en défense
Le défense novalien est le joueur de R4 a avoir perdu le moins de duel cette saison : 2

Utiliser Benjamin Baylet en pointe
Le rapide ailier dispose du moins bon ratio pour un attaquant entre matches joués en R4 depuis 1 an et demi et buts marqués : 2 buts en 28 matches.

Être dirigé par Daniel Blatt
L’entraîneur de Noailles est celui qui a signé le plus 0-0 en Corrèze parmi les coaches en activité : 74.

Chapitre III : Contextualisation
1/ Ne pas faire ça n’importe où, n’importe quand

Privilégier un terrain lourd, gras, usé.
Le plus : un jardinier peu compétent ou incommodé
Le top : jouer à Saint Hilaire Venarsal

Jouer en avril, quand tout le monde est fatigué (53 0-0 en L1 depuis dix ans). Sinon essayer en décembre, car il fait froid (51), ou en août (50), lorsque les joueurs manquent d’automatismes. Le jour et l’heure n’ont pas d’importance : cette saison, il y a eu des 0-0 le vendredi, le samedi et le dimanche, à 14 heures, 17 heures, 19 heures, 20 heures, 20h30 et 21 heures.

Conclusion

Ne soyez pas prétentieux : le 0-0 ne se maîtrise pas du jour au lendemain. Il faut en avoir l’habitude ou habiter en Creuse. Se départir de l’esprit de conquête demande du temps car un collectif efficace, une envie de beau jeu, le déséquilibre du bloc adverse voire pire, le geste juste ou un brin de réussite arrivent parfois très vite. Aussi vite que le but en contre qui brisera votre quête du 0-0 absolu.